Portrait paru le Mercredi 11 janvier 2011 dans la Lettre d'information n°115 de la Ville d'Echirolles

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Jean Silon

Le bois, la pierre, la glace, les matériaux usagés (ferraille, canettes de bière, plastiques) qu’il récupère dans les poubelles, tout lui est prétexte pour sculpter. Mais sa matière “de prédilection” demeure le bois. “J’en ai fait d’abord un métier dans mon pays d’origine, le Cameroun, de la conception à la vente. Je formais aussi des jeunes.” La sculpture est devenue progressivement “une passion” grâce notamment à la pratique et aux conseils d’un voisin, à la rencontre de sculpteurs tchadiens, sénégalais et centrafricians, dont il polissait des pièces. Transgressant les codes internes de son clan tribal qui le prédestinaient à l’élevage, Jean Silon s culpte “depuis l’âge de 15/16 ans”. Cette expression artistique représente “un échange” avec le monde qui l’entoure. “Elle me permet de dire mes émotions, de me stabiliser, de remonter la pente et de vivre moralement.” Jean Silon, qui refuse le terme de professionnel, a acquis son art “sans école ni diplôme”, dans le rapport direct de son imagination avec “la masse, le volume, la perspective”. Il aime “être dans la matière”. En France depuis cinq ans, ce technicien de surface de 32 ans fréquente assidûment l’atelier bois de la MJC Desnos où il a trouvé “des gens très ouverts et solidaires, quasiment une famille”. Il expose et a remporté un premier prix au concours de sculpture de Voiron.